Entre le grand d?bat et les « gilets jaunes », le blues des hauts fonctionnaires de Bercy

French Economy Minister Bruno Le Maire (L) and French Minister of Public Action and Accounts Gerald Darmanin (R) react during the speeches delivered by French President and Chairman and CEO of Renault-Nissan-Mitsubishi during a visit of the Renault factory, in Maubeuge, northern France, on November 8, 2018. - Macron is on a week-long tour to visit the most iconic French landmarks of the First World War, ahead of celebrations for the 100th anniversary of the November 11, 1918 armistice. (Photo by ludovic MARIN / AFP)

« Avant de r?pondre ? vos questions, j’aimerais vous en poser une : ? votre avis, qu’est-ce qu’on a loup? ? » Le ton se veut anodin. Mais, dans le vaste bureau donnant sur la Seine, ces paroles d’un membre haut plac? de l’une des directions du minist?re de l’?conomie en disent long sur l’?tat des troupes. « Technos » clou?s au pilori, remise en cause de la politique ?conomique d’Emmanuel Macron : le trouble a saisi Bercy avec la crise des « gilets jaunes ».

Officiellement, en ce mois de janvier, l’ambiance se veut studieuse. Les dossiers ne manquent pas : le pr?l?vement ? la source mobilise la direction g?n?rale des finances publiques et le cabinet du ministre de l’action et des comptes publics, G?rald Darmanin ; la direction du budget planche sur le financement des 10 milliards d’euros de mesures annonc?es par le chef de l’Etat en d?cembre 2018 ; les ?quipes du ministre de l’?conomie et des finances, Bruno Le Maire, poursuivent leur croisade pour une taxe « GAFA » europ?enne sur les g?ants du Web… Quant au grand d?bat national, il va placer les sujets de finances publiques au c?ur de l’actualit?.

C’est bien l? que le b?t blesse. La perspective de voir les questions fiscales de nouveau ?tal?es en place publique donne des sueurs froides aux hauts fonctionnaires, ?prouv?s par la crise sociale et budg?taire de la fin d’ann?e.
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Malaise

Les critiques de la majorit?, puis du gouvernement, qui les ont tour ? tour rendus responsables de la lenteur des r?ponses sur le pouvoir d’achat, puis de la mise en musique chaotique des d?cisions du pr?sident – notamment sur le smic –, n’ont pas ?t? dig?r?es. Cette mise ? l’index des « technos », et de leurs obsessions budg?taires qui auraient favoris? le spectaculaire d?rapage du quinquennat, a « choqu?, abattu » en interne.

« L’emprise de la technostructure nous a emp?ch?s d’avancer suffisamment vite », ass?nait ? la mi-d?cembre le nouveau patron de La R?publique en marche (LRM), Stanislas Guerini, sur LCI, en appelant ? un « un retour du politique. »

Le malaise n’a pas ?pargn? les cabinets et les ministres eux-m?mes, tenus largement ? l’?cart des d?cisions prises par l’Elys?e et Matignon. « On n’a aucune information », pestait l’entourage de Bruno Le Maire le 9 d?cembre, ? la veille de l’allocution t?l?vis?e d’Emmanuel Macron. Le matin du 10 d?cembre, le ministre n’assurait-il pas, sur RTL, que le gouvernement ne reviendrait pas sur la hausse de la CSG pour les retrait?s, avant d’?tre d?savou? quelques heures plus tard par le chef de l’Etat ?

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